
Paul-Henri Adoardi, célèbre "technicien photo" de la société
www.plongimage.com (fabricant et distributeur de matériels de photo sous-marine), nous propose un article unique et fascinant sur la
photo sous-marine en fluorescence à l'aide d'un
éclairage UV. Une découverte du monde sous-marin et de ses habitants comme vous ne les avez jamais vu ! Des photos étranges, curieuses, parfois à la limite du réel, mais avant tout des découvertes que Paul Henri, expert français de la photo "fluo", nous fait partager avec passion et entrain...
Le monde sous-marin, déjà extraordinaire avec ses couleurs variées et chatoyantes sous la lumière du jour, nous révèle, la nuit, un monde magique avec de nouvelles couleurs et de nouvelles formes, dans le faisceau de nos phares à la lumière invisible.
Un monde inattendu, magique et féerique, dans l’obscurité des nuits Egyptiennes, au bord du désert à Marsa Shagra ou dans la rade de Villefranche prés de Nice.
Nous descendons sur un fond de 15 mètres avec nos phares de plongée, les rascasses volantes sont déjà là dans le faisceau de lumière pour chasser leurs proies. L’éclairage UV est maintenant allumé, nos phares conventionnels éteints, et là, on ne reconnaît plus rien: plus de rocher, plus de sable, plus de poisson, je ne vois même plus Natalie, mais seulement son masque qui, par chance, est fluorescent. (On voit aussi la fluorescence de l’œil.)
| SANS éclairage UV |
AVEC éclairage UV |
|
|
|
|
Après un petit temps d’accoutumance à cette obscurité, nous ne savons plus où regarder. Des taches de couleurs aux formes inhabituelles surgissent partout. Une multitude de petits points envoient leurs couleurs jaunes, vertes et rouges et clignotent joyeusement.
Une jolie forme aux couleurs vives attire mon regard, je vais faire une photo de cette petite merveille. Deux petits coups de palmes, je crois atteindre mon but mais ma tête heurte un rocher, j’expire un peu, j’avance, mais il y a toujours un obstacle invisible qui cette fois me brûle la main. Je hurle dans le détendeur, Natalie éclaire et là je comprends que l’objet de ma convoitise est derrière une belle rangée de corail de feu qui n’est absolument pas fluo et donc parfaitement invisible.
Les UV n’éclairent absolument rien : seuls les coraux fluorescents réagissent à l’excitation du rayonnement ultraviolet et transforment cette énergie invisible en lumière visible, mais de faible intensité. Sur les 400W envoyés, seuls quelques Watts lumineux sont restitués. Cela ne va pas être facile de faire des photos de ces petites lumières. Les rascasses volantes apprécient cet éclairage : elles virevoltent partout autour de mes phares.
Je n’ai rien ramené de bon pour cette première plongée sauf un souvenir visuel et douloureux après une rencontre avec un oursin non fluorescent. Heureusement, les autres plongées se font sans bobos et avec de meilleurs résultats.
<< Début < Précédente 1 2 3 Suivante > Fin >>