Croisière plongée en thailande phuket et khaolakCroisière plongée Phuket et Khaolak

Le plaisir est souvent déclenché par l’un ou plusieurs de nos sens. A l’avant de Bunmee 3, je fixe l’horizon qui avance constamment devant moi en m’éloignant peu à peu de la côte. Je reste attentif aux formes des vagues, à la perspective des lignes que forment les quelques nuages, aux couleurs vives que le soleil m’offre, aux sons des flots qui caressent la coque du bateau, au parfum du sel sur ma peau... Dive now !
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Svalbard, un été avec les ours blancs

iles svalbard pôle nordAu commencement était l’eau, source de vie, symbole mystique de pureté à laquelle tous les peuples ont invoqué des divinités et loué des prières. Puis vinrent les îles. L’humanité encore absente, les océans étaient là. Vierges, purs, bien avant que la saponaire n’apparaisse… Le Svalbard, « l’île aux côtes froides » des Vikings, est un archipel se situant autour des 80° de latitude nord, à un millier de kilomètres seulement du pôle Nord.

La plus grande de ses îles est le Spitzberg, la montagne pointue, découverte le 17 juin 1596 par le Hollandais Willem Barents. Sa capitale Longyearbyen, la localité la plus septentrionale du monde (79°N), avec de 30 à 150 habitants selon la saison, est sous administration norvégienne. C’est d’ici que démarre notre croisière vers la Terre du nord-est, via le détroit Hinlopen entre les îles Barents au nord et Edge au sud, à travers une banquise dense et constamment à la dérive à cause des courants de marée importants. A l’ouest se trouve la petite île de Prinz Karl Forland.

Aujourd’hui, 60% de l’archipel sont encore recouverts de glace, surtout à l’est. La plus grande calotte couvre plus de 8120km2 mais, en règle générale, les glaciers sont en régression. Depuis le début du XXème siècle, la plupart d’entre eux ont reculé de plusieurs kilomètres. En cette saison, il fait jour 24h sur 24. Entre montagnes, mers et glaces, le paysage alentour est féerique avec des couleurs froides, émeraude ou turquoise, qui accentuent cette ambiance « bout du monde » : Plus le bleu est profond, plus la glace est dense, plus le blanc est présent, plus il y a d’air en surface ou en profondeur. Et 10% seulement de celle-ci est émergée ! Les peuples du Nord, eux, ont une quarantaine de mots pour définir la glace…

Svalbard    pole nord    la banquise

Après avoir croisé des rorquals (Balaenoptera physalus), en route donc vers le fjord Hornsfund pour une première halte. Ce glacier, véritable monument de cristal, donne parmi les plus grands icebergs de l’archipel, sources d’eau pure ou spectres redoutés. Toutes les périodes géologiques sont gravées sur les roches. Nous laissons l’île Sorkapp sur bâbord pour remonter par le Storfjorden durant une vingtaine d’heures de navigation entre le brash et les bourguignons (noms donnés par les baleiniers du XVIIème siècle en référence aux barriques de vin de 228 litres) ou growlers en anglais, selon la grosseur des glaçons qui flottent sur notre passage. Un véritable concert au milieu de cette mer qui pétille après qu’un pan d’iceberg se soit détaché pour exploser dans l’eau, en une spectaculaire gerbe de vapeur et de cristaux.

En effet, sur le front des glaciers, on aperçoit souvent des grottes formées par des torrents sous-glaciaires qui affaiblissent ces falaises impressionnantes. Elles s’effondrent en des détonations puissantes. On dit que les glaciers, véritables cathédrales de glace, vêlent. Il y en a plus de 2000 au Svalbard. Allongé dans ma cabine, je perçois le crépitement de la glace qui se frotte contre la coque, comme un énorme papier de verre.

Sous ces latitudes extrêmes, la mer gèle à environ -1,7°C, formant d’abord une mince couche translucide à la surface. Ensuite, l’eau se transforme en soupe laiteuse qui va se figer en paquets fragiles qui s’entrechoquent et se relèvent avant de se souder en plaques de plus en plus résistantes. Le sel migre vers le bas, dessalant la surface et formant une sorte de plateau qui va se fissurer au gré des marées, des vents et des courants. Puis ces blocs en mouvement vont dégager des chenaux ou créer des empilements formant des crêtes plus épaisses : c’est la banquise, à ne pas confondre avec les icebergs, géants de glaces aux formes étranges, nés des calottes glaciaires qui coulent vers la mer, coincées entre les roches en donnant des glaciers déchiquetés qui dévalent et qui se brisent en séracs et crevasses.

En empruntant le détroit de Freeman vers l’est, nous mettons pied à terre au cap Lee sur l’île Edge. Qu’il est bon de se dégourdir les jambes sur une toundra souple et accueillante avec son lichen, ses mousses vertes ou ses fleurs rares. Une petite bruine vient obscurcir les quelques rayons de soleil. Des ossements et des bois de rennes jonchent le sol autour d’une hutte de trappeurs. Une croix git sur une tombe de pierres entassées, car le permafrost empêche de creuser la terre trop dure et tout ce qui est enterré ressort rapidement à cause du gel. C’est celle d’un homme tué par un ours, paraît-il ?

voyage svalbard    croisière pôle nord    plongée sous la glace

En route vers Kong Karls Land, des dizaines de phoques marbrés (Pusa hispida) sautent à l’étrave du bateau et sortent la tête de l’eau pour nous observer. Enfin, dans le détroit Dolerjtneset, nous observons nos premiers ours (Ursus maritimus) sur la banquise. Ici, il y en a plus que d’habitants, environ 3000 (20 à 25000 en Arctique) mais tout de même, çà n’en fait pas beaucoup au kilomètre carré, sur une surface couverte de 960 000km2. Leur rencontre est aléatoire. Une demie tonne de force tranquille se prélassant sur la glace, reniflant l’air constamment car leur vue est faible. Leur marche est indolente, entre 4 et 6km/h avec toutefois des accélérations de 80km/h sur une courte distance. Il neige à plein temps. La température avoisine les 0°C mais avec une vitesse du bateau à 12 nœuds cumulée à un vent d’ouest de force 8 Beaufort de face, la température ressentie n’est pas loin des -16°C. C’est le mois d’août. Une femelle curieuse, sans ses petits, s’approche à une vingtaine de mètres seulement. L’instant suspendu est intense. Aucun son, exceptés ses grognements ou les bruits de ses pas laissant des traces éphémères sur la neige. Quelques fulmars, mouettes ivoire ou tridactyles volent dans la brume.

Lors des conférences, j’apprends que les ours se nourrissent d’une cinquantaine de phoques par an ou d’oiseaux, de narvals (Monodon monoceros), de bélugas (Delphinapterus leucas) ou de morses (Odobenus rosmarus), plus dangereux pour eux avec leur tonne bien pesée et leurs deux grandes dents proéminentes. Ils ont 1 à 3 bébés, sont sexuellement mâtures vers 4 ou 5 ans et ont une espérance de vie de 25 à 30 ans. Ils peuvent nager plus de 70km, sans arrêt, entre deux plateformes de glace où se regroupent, par exemple, une colonie de phoques barbus (Erignathus barbatus). Mais ils n’aiment pas cela. Notre guide naturaliste nous précise qu’avec la fonte des glaces du pôle Nord, leur vie devrait changer vers 2050. En moins bien. En remontant encore plus loin le détroit Hinlopen, à gauche, apparaît le désert polaire de Nordaustlandet à Torellneset. Un curieux mélange de sable et de glace où se prélassent dix morses énormes, digérant probablement les nombreux clams qu’ils ont ingurgités, en aspirant le mollusque de la coquille. L’odeur forte est au rendez-vous.

Deux baleines bleues (Balaenoptera musculus) nous gratifient de leur souffle puissant et même du salut de leur caudale. Leur taille atteint les 30 mètres environ avec un poids de près de 200 tonnes. Rare. Le compas du bateau affiche 80°22'321’’N. Accompagnés de macareux moines, nous entrons dans le Fjord rouge pour profiter du temps qui passe. Un puffin déguste des poissons sur la banquise. A terre, la roche ocre est recouverte d’alluvions provenant d’anciennes vallées glaciaires qui datent de 300 millions d’années. Les pierres fendues par le gel représentent de véritables sculptures que nous essayons de préserver au mieux lors de nos balades. Nous observons ces fameux cercles de pierre organisés quasi parfaitement grâce à l’eau, la gravité et les basses températures.

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Plus tard, sur la droite à Alkefjellet, des orgues de basalte culminent à 350m d’altitude où nichent jusqu’à 120 000 couples de guillemots de Brunnich. Le temps change très vite sous ces latitudes et, à la sortie du Smeerenburgfjord, moins d’une heure après un ciel parfaitement bleu percé d’un soleil éblouissant, une neige glacée se met à tomber à l’horizontale à cause d’un vent très fort, c’est déroutant. Ici même, dans quelques semaines, il y aura 4 mois de nuit totale. Ce sont les prémisses de l’hiver polaire.

Nous passons une nuit, bien à l’abri à l’est de Prins Karls Forland. Je me réchauffe et détend mes muscles un peu tendus par le froid de la journée, en sirotant un whisky où fondent des glaçons de plusieurs milliers d’années, fraichement « cueillis » sur la banquise : Une impression étrange de goûter l’air des mammouths ! A Poolpynten, quelques morses nous observent, puis encore quelques photos dans l’Isfjord et retour via Alkhomet où se dresse, imposante, une montagne de marbre de 2 billions d’années. Ah, le temps. Depuis que les hommes peuplent le monde, les rivages font rêver. Rêver à d’autres rives. Avec les mers qui les séparent, immenses. Une baleine à bosse (Megaptera novaeanglia) passe au loin. Et toujours cet horizon à franchir. Je songe que si je devais peindre le Svalbard, j’en ferais un tableau infini, en hommage aux explorateurs anciens.

Etrangement, chaque voyage a sa couleur dominante. Les tonalités s’installent en touches, comme çà, au fil des jours, sans que l’on s’en rende vraiment compte. Quand enfin, nos yeux s’ouvrent, reposés du transport aérien et mieux habitués au temps qui s’égraine, la couleur apparaît alors triomphante. Pour ce voyage au Svalbard, il s’agit du bleu où se mettent en scène les tendances de cette île. Au loin s’épanouit le bleu gris, plus intense, des hautes latitudes qui mène mon regard vers l’horizon flou ou, plus près, vers les lignes blanches de l’écume caressant les rochers noirs et obscurs. La musique du silence est régulière, apaisante, comme une promesse d’infini. Il y a ici, quelque chose de l’ordre de l’émotionnel.

phoque banquise    glace et banquise    ours blanc

Au balcon de l’océan Arctique, le Svalbard est un véritable spa à ciel ouvert, là où les quatre éléments rivalisent de prodiges. L’air pur. L’eau et la roche, forts de leur énergie. Le soleil enfin, dont les rayons discrets aiguisent le moral. Bain de jouvence, cure de remise en forme, soins de l’esprit, le Grand Nord ressuscite. L’éveil des sens est aussi du voyage ! De l’aurore au crépuscule, sans véritable nuit…

Venir au Svalbard, c’est conjuguer les plaisirs de la solitude à celui de l’échange, avec la nature bien sûr mais également avec les hommes qui acceptent de partager leurs connaissances. En effet, les conférences à bord de notre bateau, créent des ambiances particulières qui magnifient nos souvenirs éternels d’îles, d’animaux et de paysages extraordinaires. On s’y conte même des histoires qui nous apprennent les nombreuses vertus humaines et sociales, comme pour nous prouver que ces destinations représentent des lieux magiques qui font se rencontrer et se parler les bonnes gens de leur propre soi. Ici, des liens se tissent entre les humains quand ils ne permettent pas simplement de nous parler à nous-mêmes, dans l’intimité de nos tentations et de nos pulsions culpabilisantes mais tellement agréables.

A mes yeux, voilà les valeurs exactes du voyage. Voici ce qu’est vraiment ce privilège que nous apprécions, après l’avoir désiré intensément, amoureusement presque, comme de l’émotion à l’état initial, de l’affection spontanée ou de la sensibilité vraie. Je pense sincèrement que le voyage nourrit d’abord nos esprits et nos âmes, que les voyageurs recherchent plus que tout, ces instants suprêmes où tous leurs sens sont en éveil afin d’aboutir à une jouissance parcimonieuse, voire un plaisir intense.

ours blanc pole nord    photo ours blanc    plongée sous marine banquise

Alors, tel un écrivain psychédélique dans un délire amusant, je me laisse parfois imaginer un espace infini totalement coupé du reste des mers, des îles littéralement en dehors de notre monde, bordées par de larges ceintures d’écume lumineuse, d’immenses galaxies complexes et minuscules d’étoiles primaires mais étincelantes où l’on pourrait entrecroiser dix mille tendres et sympathiques monstres cosmologiques : baleines bleues ou à bosse, rorquals, bélugas, morses et ours, bien sûr. L’élégance dans l’esthétique ?  Un véritable tourbillon océanique vient alors tenir compagnie à nos rêves pour un long voyage initiatique par delà les courants marins, exempt de toute drogue si ce n’est la faculté de penser… En amour, point n’est besoin de mots. Ainsi, une légende s’inscrit délicatement dans nos cœurs.

Ecrire, ce n’est jamais que poser avec lenteur les fabuleux instants de notre mémoire. Mais avant cela, il faut mesurer toute l’importance de voir et d’entendre, en se délectant du hasard des lumières et des sons. Toucher et sentir les rares fragrances aussi quelquefois. Avec tendresse et un opiniâtre refus de me prendre au sérieux, j’aime à raconter ces terres et ces mers à celles ou ceux qui en font sa saveur.

Du Sud au Nord, d’un pôle à l’autre, jusqu’à ce que la tête me tourne, je laisse ainsi voguer mon esprit à la dérive, entre les continents d’un bonheur accessible, porté par les vagues apaisantes ou violentes mais toujours sensuelles de l’Arctique. En hommage et en signe de respect pour cet univers marin à la fois fascinant et si fragile, je vous invite tout simplement à voir ce que mes yeux ont vu car le regard est le sens dont sont issus les rêves : des songes riches, doux ou fous, mais qui troublent toujours la pensée et réveillent la passion.

Ensuite, écouter le silence, comme un écho à la multitude et la promesse du souvenir de moments inoubliables. Et je ne vous parle pas de la solitude du glaçon qui, au milieu de l’océan Arctique, dérive lentement vers le sud, au gré des courants et des vagues, vers une mort lente mais certaine, dans l’attente hypothétique d’un ours qui viennent s’y blottir dessus et lui tenir compagnie…

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Tels des nuages éphémères dans le ciel, autorisons longtemps encore notre esprit à voguer au gré du vent !

Ainsi, avec mon appareil photo et mon ordinateur comme seules armes, mon combat pour la nature se fait avec les images et les mots. Au Svalbard. Ou ailleurs. Là où le ciel est la seule limite à mon regard…


Henri ESKENAZI

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Droit de reproduction réservé - Copyright texte et photos Henri Eskenazi

« Le remède pour toute chose est l’eau salée : les larmes, la sueur et la mer. »
Karen Blixen
 



A lire :
« En voyage au Spitzberg », de Christian Kempf.
« Le piège blanc », de Alban Michon et Vincent Berthet.

bateau pôle nord    animaux Svalbard

La plongée sous glace

Si l’expérience de la plongée sous glace vous tente, ne vous lancez pas tout de suite sous la calotte glaciaire, n’allez pas directement visiter le dessous des icebergs du pôle Nord ou explorer la banquise de l’Antarctique. De toutes façons, il est aujourd’hui très difficile, voire impossible sans moyens importants, de vous immerger sous ces latitudes extrêmes.

Par contre, il est relativement facile de pratiquer cette activité exaltante pas trop loin de chez vous, en montagne dans l’hexagone. Et en toute sécurité.

Ce n’est surement pas la richesse de la faune qui vous fera craquer mais plutôt les lumières diverses, intenses, les bleus variés, les rayons du soleil transperçant la neige fraiche, les cristaux dans les multiples anfractuosités de la glace, les impressions d’être loin, l’émotion tout simplement…

Cela vous changera très certainement des poissons clowns de le mer Rouge !

Et pourquoi pas une belle descente à ski juste après ?


Une bonne adresse :
« Tignes plongée »
Alban Michon
www.tignesplongee.com
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06 89 15 18 34
 

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