J’explore ainsi les couleurs insulaires harmonieuses, les horizons changeants au gré des heures, les vestiges du passé, les danses d’aujourd’hui, l’accueil mauricien enfin. Telle une danseuse créole sur le sable blanc, l’île Maurice joue de ses charmes sur fond de mer turquoise.
Donc, destination : le bonheur !
Là-dessus, le point de vue est unanime. Maurice, posée sur l’océan inlassablement azur, fait toujours rêver. Comme si ce prénom usuel incarnait au mieux les vacances avec une couche de soleil immuable. L’évidence posée, il reste à choisir le style de rêve qui me tente : au nord-ouest, j’apprécie ici et maintenant, plus que n’importe où, l’air tiède de la plage immense de Trou aux Biches et le doux sourire de Stéphanie à l’arrivée. Deux valeurs sûres ! Plus tard, à l’Est, après avoir laissé l’église au toit rouge de Cap Malheureux et sa vue imprenable sur l’île Coin de Mire, l’hôtel Belle Mare Plage m’accueille avec un raffinement mesuré. En m’invitant à l’évasion, avec la nature pour écrin, il demeure le parfait exemple de savoir-vivre et de recevoir, à l’esprit ouvert, davantage soucieux d’un bien-être convivial que de luxe excessif.
Désolé, je m’émerveille encore des oiseaux colorés qui viennent picorer les miettes sur ma table. Birdfeeding ? A chacun ses goûts donc et ses envies. Traîner par exemple dans le marché de Port-Louis au bazar des épices, entouré de sourires rythmés de couleurs et de parfums créoles qui content l’ailleurs, l’autrement, mais surtout une véritable douceur de vivre. Découvrir un séga improvisé, cette danse qui fait tourner les têtes. S’émouvoir des regards d’enfants amusés au milieu de villages dessinés tels des tableaux naïfs.
Là-bas, entre ces quelques monts égarés, le Corps de Garde à gauche, le Pouce et le Pieter-Both à droite, j’aperçois de part et d’autre de la route, les champs de canne à sucre, haute, prête à être coupée en juillet. Je perçois presque cette odeur suave si caractéristique comme si l’une des plus sublimes îles de la planète ne faisait pas déjà assez fantasmer.
Une mangouste traverse la route bordée de flamboyants, formant des tunnels dans l’attente de se fleurir en rouge. Un temple tamoul richement orné accroche mon regard. Plus haut, un vol d’oiseaux me cache presque le seul nuage blanc qui tache le ciel. Plus profond enfin, je goutte aux joies de la 3D en multicolore. Le monde du silence devient bruyant car la vie y bat son plein : crépitement du corail, percussions des poissons-chirurgiens, sifflements et cris des dauphins.
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