Accueil arrow Emotions Globe Plongeur arrow Emotions voyage plongée Guyane: En remontant le Maroni

LES RUBRIQUES
INCONTOURNABLES
VOYAGES
Votre devis vacances plongée en ligne !
MATERIELS
Votre devis achats matériels en ligne !
ACTUALITÉS
Les dernières actus de la plongée !
NEWSLETTER
Recevez par email les news mensuelles !
EQUIPEMENTS
Un catalogue des matériels de plongée !
FORUM
Discutez entre plongeurs passionnés !
MEDIAS
Galeries de milliers de photos et vidéos !
FLUX RSS
Les dernières news sur votre PC
Twitter :
Nous contacter...

Rejoignez Paradise Plongée sur Facebook !



voyages plongée matériels de plongée
Emotions voyage plongée Guyane: En remontant le Maroni
Diane, une adorable petite guyanaise de six mois, vomit son biberon sur moi. Je dois tenir quinze jours avec deux pantalons seulement : la véritable aventure commence déjà !
Nous sommes le 31 décembre et il est presque minuit à ma montre. Pourtant, il fait encore jour. Il est temps que je me mette à l’heure de Cayenne. Il y a cinq heures de décalage horaire avec la métropole et je n’ai pas encore réglé ma montre...

Bien que le vol ait pris une heure et demie de retard, j’ai commencé avec un peu d’avance à fêter le réveillon. Le champagne pris à dix mille mètres d’altitude m’euphorise les neurones. Hervé m’attend. A nous la Guyane…

La saison des pluies avance, précédée par un temps humide et maussade, et des nuées de moustiques qui ne nous quittent pas. La forêt est omniprésente. Tout au long de notre séjour, elle va imprégner complètement notre univers avec son humidité, ses innombrables tons de vert qui forment une palette aux nuances infinies, ses vols triangulaires d’ibis rouge vif, ses myriades d’insectes, les chants des oiseaux et les cris des singes. Notre première visite, conventionnelle mais intéressante, est pour la « Centre Spatial Guyanais » de Kourou d’où partent les fusées Ariane. Il nous rappelle que nous sommes bien à l’aube du XXIème siècle.

Nous sommes ici pour découvrir le territoire au fil de l’eau, hors des sentiers battus. Première constatation, les eaux sont si chargées qu’il est difficile de pratiquer la plongée en Guyane. Mais je m’entête. Grâce à la serviabilité de quelques locaux, nous parvenons à mettre sur pied une plongée à la « crique des Pères », une rivière moins marron que les autres, où je devrais parvenir à distinguer le bout de mes palmes ou presque.

Ici, on circule dans les rivières en « coque alu », une simple barque métallique, ou en pirogue peinte creusée par les noirs Saramacas dans du bois d’angélique. Il existe en Guyane une multitude de variétés de bois dont les noms sont parfois imagés : Balata, Wakapou, bois Serpent, Coubaril, Amourette, bois Caca qu’on identifie facilement à son odeur très spéciale.
A l’étage, l’ami qui nous sert de guide coule sa pirogue pour éviter qu’elle ne soit volée. La turbidité de l’eau est telle que la présence de l’embarcation est pratiquement indécelable depuis la surface. Pour s’en servir à nouveau, il suffit de la remettre en état de naviguer. Je m’imagine en métropole coulant consciencieusement mon bateau à la fin de week-end !

Nous arrivons à la « crique des Pères ». Le courant est fort. Je m’immerge en compagnie de Sylvette et d’Hervé. Nous trouvons à dix mètres un fond vaseux, encombré de troncs et de lianes entrelacés. Je sens, dans la pénombre ambiante, des ombres qui m’effleurent. Impossible de les identifier. Je ne suis pas vraiment à mon aise. Comment réagirais-je face à un caïman ou un anaconda ? Je n’en sais trop rien. L’eau est suffisamment rouge comme ça, même si elle ne doit sa teinte qu’à la piste en latérite. Nous refaisons surface. Un peu plus en amont, un petit garçon pêche des piranhas…
Les tristement célèbres « îles du Salut » qui abritaient le bagne, n’engagent pas non plus à plonger. Situées à une heure de bateau du continent, elles sont difficiles d’accès et battues par de grosses vagues. Le courant y est fort et la visibilité quasiment nulle du fait du brassage des eaux du bassin amazonien. En plus, la côte est infestée par les requins.

L’île Royale, l’île St-Joseph et l’île du Diable, couvertes de cocotiers, sont disposées en triangle. On peut aisément y apercevoir des aras, grands perroquets rouges et bleus, parmi les hibiscus et les bougainvilliers qui nous rappellent que nous sommes tout proches de l’équateur. Je me régale à photographier les agoutis, petits mammifères entre le rat, l’écureuil, le lièvre et le kangourou. Puis, face au pénitencier, assis devant les grilles enchevêtrées de lianes, je me délecte de pommes d’amour, maracujas ou fruit de la passion, en pensant en particulier au capitaine Dreyfus dont la vie ici fut nettement moins rose…

Puis le jour J arrive. Nous faisons une première halte au Surinam pour approvisionner notre pirogue en essence. Il nous en faudra pour naviguer cinq jours sur le Maroni et parcourir les trois cents kilomètres qui séparent Saint-Laurent de Maripasoula. Au-delà, commence la zone interdite où les indiens ne sont plus dérangés. Pour y accéder, il faut une autorisation préfectorale difficile à obtenir. Long palabre en talkie-walkie, la langue du fleuve, puis nous ricochons d’une rive à l’autre, de villages Boshs en villages Bonjs. Le fleuve large de 4 kilomètres à l’estuaire, rétrécit nettement vers les rapides d’Abattis Cotticas.
Le soleil à l’aplomb de nos têtes n’empêche pas de gros nuages noirs d’alourdir l’atmosphère. Quelques pirogues descendent le fleuve, chargées d’enfants revenant de l’école. Des petites mains s’agitent.

Adelmon, notre guide Saramaca, refuse de me donner le nom du premier gros rapide avant de l’avoir franchi. On ne sait jamais ! J’apprendrai plus tard que Pouligoudou signifie « bagages gaspillés » et que Léssé Dédé signifie « laisser mort ». Heureusement la pirogue est manœuvrée par deux noirs marrons Djukas, non métissés, descendants d’esclaves évadés et ayant conservés des mœurs tribales. Ils sont capables de franchir sans dommage les différents obstacles qui encombrent le fleuve : bancs de sable, troncs d’arbres, rapides ou sauts. Leur adresse et leur coordination sont remarquables. A l’arrière, le « bossman » commande au moteur tandis qu’à l’avant le « takariste » utilise sa perche (le takari) pour écarter la pirogue des rochers.

En chemin, j’aperçois quelques villages bushnegroes. Sur le haut Maroni, à partir de Maripasoula où le paludisme frappe encore, les Amérindiens Wayanas ou Roucouyennes sont plus nombreux. La plupart vit dans des zones où l’accès est sévèrement réglementé et contrôlé par la gendarmerie. Ce sont essentiellement des agriculteurs dont la l’aliment de base est constitué par des galettes de manioc, les cassaves. La pêche, la chasse et la cueillette leur permettent de varier un peu leur menu. Pour tout vêtement, ils portent un pagne qu’ils confectionnent en filant et en tissant du coton qu’ils teigent en rouge ou avec des graines de roucouyer, d’où le nom qu’on leur donne.

Aux environs de Boniville, le Maroni se perd dans la forêt équatoriale en se ramifiant en une infinité de bras, parfois minuscules, entrecoupés de rapides aux eaux tumultueuses. Ici, l’or est roi. Les orpailleurs, brésiliens pour la plupart, drainent l’eau boueuse dans des conditions particulièrement rudes, complètement isolés sur leur barge. Au rythme quotidien de deux plongées de quatre heures en narguilé, cramponnés à leur suceuse dans le courant pour un salaire d’un gramme d’or par heure, ces hommes vivent le fleuve à leur manière. Pour tenter d’y voir, ils accrochent une ampoule électrique à leur masque et ils se lestent tellement qu’ils sont incapables de remonter sans l’aide de l’homme de surface.

Puis, à l’heure où les grands papillons bleus disparaissent et où la chaleur se dissipe derrière les arbres multiséculaires de 40m de haut, un simple ver luisant survole le hamac pour partager mon sommeil sous le carbet, abri basique au toit de feuilles. Le bruit sourd de mangues trop mûres qui s’écrasent sur le sol vient troubler le silence de la nuit, tandis que j’écoute les singes hurleurs au souffle si puissant. Mon cœur bat fort, la Grande Forêt existe…

Henri Eskenazi
www.henrieskenazi.com
© Tout droit de reproduction réservé - Texte et photo H. Eskenazi


>>> D'autres émotions ?... cliquez ici !



 
< Précédent   Suivant >
Paradise Plongée est un portail dédié à la plongée sous-marine avec de nombreux services offerts aux plongeurs: voyage plongée, séjours plongée, croisières plongée et séjours plongée, promotions vacances plongée, annuaire plongée, articles et reportages plongée, actualités plongée, magasin de plongée, matériels plongée et équipements plongée, devis voyage plongée, devis équipement plongée, forum plongeurs, formation plongée, théorie plongée sous-marinebrevets et niveaux de plongée, biologie sous-marine, centres de plongée, photos et vidéos sous-marines...
....

Partenaires: Plongée en Grèce - bola de grossesse - vetement grossesse - femme enceinte - Vacances plongée - Théorie plongée - Vidéos sous-marines - Photos sous-marines - Annuaire plongée - Croisière plongée - Carte plongeur - Equipements plongée - Forum plongeurs - Voyages plongée - Tags plongée - Annuaire sports - Portail plongée - Snorkeling - Cadeaux grossesse - Grossesse - Mutuelle santé - Vêtements Triathlon - Location Vacances France - Hummer - Bateau - Tesoree - Lunettes de soleil - Sortir à Paris - cadeau pour bébé - trucs et astuces - Questions - Séjours plongée - Gestes écolo - Badminton - Ou se trouve - 75015 - vêtements de mer - Indonésie - Hôtels Bali - Recettes confiture - Robe mariée - Bateauxentreparticuliers.com - Piscine enfant - Vendre Acheter Louer - vente bateaux à moteur - Guide sports nautiques en France