La beauté primitive d’une nature encore sauvage, l’accueil tout à la fois réservé et chaleureux d’un peuple cosmopolite issu de tribus originales, la multiplicité et la diversité de la faune terrestre, la crinière océane frangée de cocotiers, tout ici rappelle les premières heures du monde, des heures de paradis.
La vie sous-marine ne fait que confirmer cette impressio

n : Mombassa, Watamu, Malindi, Lamu, noms évocateurs d’exotisme où l’on trouve les seuls clubs de plongée du pays. Les infrastructures touristiques sont déjà bien développées à Nairobi, dans la région des grands lacs (Baringo, Nakuru, Naivasha) où les flamands roses sont légion, au plus profond du Rift qui s’étire sur plus de 8 000 Kms, au pied du mont Kenya (Naro Moru, Samburu) ou du Kilimandjaro (Ambolseli). Mais aussi au sanctuaire des cinq grands (éléphants, rhinocéros, léopards, buffles et lions), le royaume des Massaïs. Résolument conservateurs, ils s’accrochent à des traditions très anciennes. Des jeunes guerriers, les moranes, aux cheveux tressés, fiers et légèrement narquois, portent encore le grand manteau rouge et la lance. Les Massaïs sont des pasteurs et ils se nourrissent de lait, de thé, de maïs et de sang qu’ils prélèvent sur leurs bestiaux dont ils ne mangent que très rarement la viande. Ils pratiquent la circoncision et les rites initiatiques qui permettent aux jeunes d’accéder au rang de guerrier, puis au mariage et enfin au statut d’ancien. Le guerrier Massaï a pour seule et unique tache de protéger son cheptel des animaux sauvages.
Le tourisme, pour le moment, ne fait qu’effleurer l’océan Indien, de part et d’autre de l’équateur, là où Coriolis inverse ses forces ! Les coraux n’ont rien à envier à ceux des Caraïbes, de la mer Rouge et du Pacifique. Bien au contraire. Comme pour les réserves et les parcs nationaux, le gouvernement kenyan a eu l’idée de créer, d’immenses réserves marines interdites à la pêche et à la chasse. Il faut acquitter un droit d’entrée d’environ, 7 francs français par jour pour avoir le droit d’admirer le milieu sous-marin avec un masque et un tuba.
Cela surprend bon nombre de visiteurs mais permet aussi à ces mêmes visiteurs d’approcher à moins de cinq mètres et dans moins de vingt mètres de profondeur quelques tortues, raies, requins pointes blanches, barracudas d’environ 1,50 m, murènes, sans oublier les bancs de carangues et de tazars, les loches énormes de plus de 200 kg. Et puis, bien sûr toute la petite faune classique des récifs coralliens, variée et colorée à souhait. Parfois, si la saison s’y prête, le plongeur chanceux peut aussi rencontrer les mantas ou le trop rare requin-baleine. La période la plus favorable est décembre janvier.
A Malindi, la sympathique Maja Riedl assistée de Juma, un Kenyan, soulèvera la peau de l’eau pour vous faire découvrir un autre Kenya, celui des plongeurs et des poissons. Malindi, fondé par les Bantu, métisses d’arabes et de perses, est, après Monbassa, le deuxième grand centre touristique de la côte. En 1498, elle a accueilli Vasco de Gama qui avait été violement rejeté par Mabassa : les portugais en feront une escale idéale sur la route des Indes qui prospèrera grâce à l’esclavage jusqu’à son abolition et l’arrivée des anglais au XIXème siècle.
La construction de la ligne de chemin de fer de l’Ouganda achevée au début du siècle dernier sur le port marchand de Monbassa, accéléra le déclin de Malindi comme plate-forme commerciale mais qui a conservé, en revanche, son charme pittoresque. La plage est unique au Kenya : dépourvue de récif corallien, elle s’étire jusqu’à l’embouchure de la rivière Archi-Galana-Sabaki, sur plus de sept Kms. La vie sous-marine y est d’une richesse incroyable dans une eau à la pureté cristalline. Les réserves de Malindi et de Watami sont immenses, étendues à des dizaines et des dizaines de lieues, plages tantôt de sable et tantôt d’algues avec de temps en temps des rochers et des falaises. Et là toujours, la ligne infinie de l’équateur, frangée d’écume qui veille sur les marées imperturbables et rythmées. Les poissons sont partout, jamais je n’ai vu nager autant de perroquets, ramper tant de murènes, foncer tant de barracudas et de requins, ni de bancs de tazars aussi denses, ni de groupe de carangues aussi nombreux. Merci Monsieur Kessel.