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pierre
14/10/2006, 19h09
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Les trafiquants de viande de requin démasqués grâce à des tests ADN

Les agents fédéraux américains ont repéré le sac suspect au cours d'une visite de contrôle chez un grossiste en poisson: au milieu d'une demi-tonne d'ailerons de requin destinés à l'Asie, un paquet étiqueté "blanco", susceptible de contenir du requin blanc, une espèce protégée dont le commerce est interdit.

Il y a quelques temps, il était long et difficile de prouver que ce sac, ou le voisin, marqué "baxin" que les enquêteurs traduisent requin pèlerin ("Ba****g sharp" en anglais), contenait réellement de la chair appartenant à une espèce protégée.

Aujourd'hui, les spécialistes américains chargés d'appliquer la législation en matière de pêche peuvent se baser sur un nouvel outil particulièrement efficace: des tests ADN qui permettent de différencier, en quelques heures et de manière certaine, 30 espèces de requin différentes.

"Si quelqu'un vous dit: 'ceci est du requin sombre interdit et nous avons la preuve ADN', c'est plutôt difficile pour un pêcheur de dire le contraire", explique Paul Raymond, un responsable de l'Agence nationale américaine chargée des océans et de l'atmosphère (NOAA) pour le sud-est des Etats-Unis.

Paul Raymond a travaillé pendant des années avec des chercheurs, comme le généticien Mahmood Shivji, de l'université de Nova (Floride), pour mettre au point ce test. Dans le laboratoire de ce dernier, un échantillon de poisson, simplement conservé dans une fiole d'éthanol et envoyé par la poste, peut être identifié en quatre heures pour quelques dizaines d'euros.

L'analyse du génotype de chaque poisson se fait dans une machine semblable à celle utilisée pour l'ADN humain dans les enquêtes criminelles. A la fin, si l'ADN du poisson correspond avec celui d'une espèce protégée, "c'est comme un signe égal", affirme Mahmood Shivji, "ça ne peut être rien d'autre".

Grâce à cet examen, les chercheurs ont identifié 21 ailerons de requin blanc dans le sac marqué "blanco". Au total, cette saisie a permis la découverte d'environ 100 kilos d'ailerons de requins de différentes espèces protégées. A la fin de l'enquête, le commerçant a accepté de payer une amende de 750 000 dollars pour éviter un procès.

Pour conduire une telle enquête auparavant, il aurait fallu prélever un gros morceau de chair de chaque échantillon, le conserver dans de la glace et l'envoyer dans un laboratoire de médecine légale de Caroline du Nord. Et attendre souvent un mois avant d'obtenir un résultat, explique Raymond, qui souligne que les agents avaient rarement recours à cette procédure.

Désormais, les chercheurs tentent d'affiner leurs fichiers. Ils espèrent pouvoir bientôt différencier les différentes populations de la même espèce. Ils pourront alors dire, non seulement à quelle espèce appartient un requin donné, mais en plus savoir dans quelle zone il a été pêché.

pierrot