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Denis Jeant Moniteur Formateur Consultant et Auteur


Paradise Plongée: Votre métier de Consultant s'effectue sur quels types de missions ?

Denis Jeant: Je suis consultant en plongée, dans le domaine des premiers secours en milieu nautique. J'ai par exemple participé à la conception d’un sac étanche pour contenir du matériel de premiers secours en milieu nautique et périlleux..du cahier des charges jusqu'aux tests du prototype, la validation, l’argumentaire marketing et la définition des cibles en terme de clients…mais aussi des formations pour des commerciaux ou la conception multimédia et conduite de conférences…Je fais également de la veille et du conseil pour des fabricants et certains ministères. J'ai également créé des sites Internet personnalisés (20).

Paradise Plongée: Au regard de vos différentes qualifications et activités sous-marines, quelle est celle qui vous passionne le plus ? Celle sur laquelle vous passez le plus de temps ?

Denis Jeant: En dehors de la pédagogie et de la photographie sous-marine, je suis passionné par la plongée en recycleur. Quand on a beaucoup plongé à l'air, on redécouvre une nouvelle forme de pratique. On doit désapprendre certaines habitudes utilisées en plongée en “circuit ouvert” (21) et on redevient débutant…
J'aime aussi faire des baptêmes…c'est toujours sympa de voir quelqu'un sortir la mine réjouie suite à une première immersion…Il y a un côté émerveillement dont les enfants ont le secret et que beaucoup de personnes perdent à l'âge adulte, dans des contextes plus terrestres. Il y a de quoi quand on voit ce que la nature est capable de nous offrir comme spectacle sous-marin !
J'ai par exemple énormément de plaisir à plonger, durant les vacances estivales, à Groix (22), près d'où j'habite, en compagnie d'Anahid, ma plus grande fille de 12 ans. Je redécouvre dans son regard, le même émerveillement que j'avais à son âge devant des choses aussi simples que le jeu de la blennie (23) devant son trou. Ma seconde fille, Alizé, qui a 11 ans, n’est pas encore intéressée.

Le travail d’auteur est un véritable travail de fourmi dont l’ouvrage final ne représente que le “sommet de l’iceberg”. Le manuscrit initial demande de nombreuses retouches pour arriver à maturation. Sans oublier les échanges nombreux avec mes lecteurs ou stagiaires, la veille ou recherche personnelle pour proposer des idées innovantes, des informations à actualiser et tout l’”administratif” en relation avec l’organisation de reportages, les droits à l’image des personnes photographiées...les envois de presse...La “paperasse” est souvent lourde à gérer. J’en suis à la 7e édition pour certains de mes ouvrages (24) et j’envisage chaque nouvelle édition comme un nouvel ouvrage du point de vue du contenu. La “forme pédagogique” quand à elle, reste relativement identique à l’approche que j’ai mise en place dans le début des années 90.

Paradise Plongée: Vous rédigez régulièrement des articles sur la presse spécialisée (Plongée Magazine, Océans, Subaqua, Apnéa, Octopus…): quels sont les thèmes que vous privilégiez ? Est-ce à la demande des magazines ou davantage sur vos propositions ?

Denis Jeant: C'est très rare qu'un magazine me passe une commande. Le plus souvent, c’est moi qui
propose un sujet. Quand j'écris un article, j'essaie toujours de me mettre à la place du lecteur. Raison aussi pour laquelle, je propose les sujets en fonction de la ligne éditoriale des magazines et du nombre de pages que chacun veux bien m'accorder. Je préfère parfois ne pas proposer des sujets car je sais que l'on ne me donnera pas la place nécessaire à un traitement de fond qui le nécessite de mon point de vue. Parfois, des rubriques s’apparente à du “survol”. Ce qui peut se concevoir pour certains sujets mais plus difficilement pour d’autres. Dans un contexte de forte concurrence, la raison qui a conduit quelques uns à adopter cette logique serait que les lecteurs potentiels lisent moins. Également, je suis parfois contraint d'éviter d'empiéter sur la rubrique régulière d'un collègue pigiste.


Très très rares sont les magazines de plongée qui prennent en charge les frais de reportage contrairement aux usages de la profession.
Pour certains reportages lointains, je réalise des photographies que je peux éventuellement utilisées pour mes ouvrages.
Parfois, je monte des reportages avec Denis Lagrange, un ami réalisateur de films sous-marins. On mutualise les frais, le sponsoring et on se sert mutuellement de modèle, à l'occasion.
Cela a été par exemple le cas, lors d'un reportage à bord de Fleur de Lapaul (navire ambassadeur de la FNH (25)), au large de la Méditerranée, entre le Maroc et la France, à la rencontre des cétacés. Avec un recycleur CCR Inspiration (26), nous étions en complète autonomie, avec des bouteilles d’air, une B50 d’oxygène (27) pour l’alimentation en gaz. Les “recycleurs circuit-fermé” permettent une approche plus silencieuse de la faune sous-marine. Mais également dans le sud de la mer Rouge où nous avions employé une organisation similaire: plus de 250 kg de matériel à deux, à l’embarquement à Roissy, pour un reportage de 15 jours. J'ai publié plusieurs articles dans la presse magazine plongée. Lui a produit (Aloha Production) et réalisé un DVD dans la série bleu vidéo: Bleu Mer Rouge (28) à la suite de cette aventure commune. Dans ces deux exemples, je m’étais occupé de l’aspect logistique et sponsoring de l’opération. Un gros travail de préparation.

La presse magazine en plongée rémunère très mal en général. Dans mon cas, les piges sont une activité complémentaire. Il est très difficile de vivre de nos jours comme pigiste ou photographe. Le nombre de magazines plongée est important, les pigistes occasionnels nombreux et le budget publicitaire des annonceurs n'est pas extensible et plutôt en stagnation, voir en baisse.

Pour finir, les invitations de certaines agences de voyages ont parfois des effets pervers sur l'esprit critique de certains journalistes, rendant parfois le traitement de certains de leurs reportages exotiques, “sans saveur” pour le lecteur. Je ne blâme pas mes collègues. Il faut bien financer ses reportages quand ils sont à votre charge. L’auto-censure a souvent plus d’efficacité que la censure elle-même. Difficile de contrarier celui qui finance vos reportages lointains... J’ai écrit dans presque tous les genres, par plaisir, curiosité et pour éviter de me cantonner au rôle de pédagogue qu'on voulait me "coller dans le dos" au début. Brèves, actualité, matériel, dossiers, reportages sur des destinations plus ou moins lointaines, pédagogie, technique, premiers secours, environnement…



 
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