Kazem Bayram
Reporter Photographe
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Paradise Plongée: A quelle occasion avez-vous commencé la plongée en apnée ?
Kazem Bayram: En réalité, je n'est pas eu à choisir de plonger en apnée, elle s'est tout naturellement imposée à moi, du fait que j'ai été un "petit sportif" dans des activités aquatiques, j'ai été aussi "Kayakiste" et membre de l'équipe nationale dans mon pays ou j'ai vu le jour: l'Iran
C'est en 1979, à l'université de Caen en Normandie, que j'ai commencé la plongée sous marine. Très vite, j'ai été attiré par ce sport extraordinaire et, après avoir eu mon brevet élémentaire en plongée bouteille, j'ai eu pour objectif de faire de la plongée en apnée mon sport favori. C'est en 1987 au Sénégal, que j'ai pris mes premières photos sous-marines en apnée.
Paradise Plongée: L’apnée : une profession à part entière où une activité secondaire ?
Kazem Bayram: Je dirais plutôt une vraie passion qu'une profession. En permanence, je m'imposer une discipline de vie assez lourde et un entraînement journalier, notamment des exercices physiques, la natation en apnée (nager en papillon 25m sans respirer, pendant une séance d'une à deux heures), course à pied (entre 20 et 40 km par semaine) en respirant uniquement par les narines et vtt, toujours en respirant par les narines afin de mieux de contrôler les battements du coeur. De plus je suis végétarien et une fois par semaine je jeûne.
Paradise Plongée: Expliquez-nous votre parcours d’apnéiste jusqu’à ce jour ?
Kazem Bayram: Je ne peux pas vous expliquer entièrement mon parcours... Mais d'approcher les animaux de très prés me procure une jouissance immense. Je me souvient pendant une plongée à Sharm-El-Sheikh, comme souvent tout seul ballotté telle une feuille à la surface de l'eau, j'étais à la recherche d'un poisson crocodile. A ce moment, j'ai remarqué assez loin sous l'eau un photographe en
bouteilles, qui tentait de photographier une cible mouvante que je ne distinguais pas de la surface.
Une fois à l'aplomb du plongeur, j'ai constaté qu'il s'agissait d'un poisson crocodile. Toujours à la surface et sans gêner le photographe, je suivais les manoeuvres infructueuses de se dernier, fatigué de voir ce poisson en mouvement perpétuel (sans doute gêné par le bruit des bulles). Il a jeté l'éponge et petit à petit s'est éloigné.
Sans perdre une minute de ce spectacle, je me suis dit que c'était maintenant à mon tour d'essayer. J'ai descendu les 16 m sans même palmer, tout en vidant mes poumons afin de limiter les mouvements et garder ainsi mon énergie pour les choses plus importantes.
Bien calé au fond grâce à mes poumons vidés, je me suis posé à cinq mètres du poisson. Comme à mon habitude pour approcher les animaux, sans bouger mes palmes, l'appareil photo dans une main. A l'aide de ma main gauche, je me suis approché vers l'animal, toujours en le surveillant du coin l'oeil.
J'ai réglé mon appareil, pris une photo et j'ai été aux anges en constatant que le poisson n'avait pas bougé. J'ai remercié le poisson du fond du coeur pour sa confiance et sans bouger, j'ai patienté pendant que les flashs se rechargeaient. En priant le ciel pour qu'il reste à sa place, j'ai finalement pu prendre une deuxième photo.
Comme à mon habitude avant d'entamer la remonter, j'ai jeté un regard à 360° et j'ai vu de loin mon collègue photographe en bouteille: il avait observé toute la scène et mon approche.
Paradise Plongée: La photo et les reportages sur les thèmes sous marins représentent votre activité principale : expliquez ce choix ?
Kazem Bayram: J'aurais bien aimé, mais en réalité je fais un travail terrestre et marin, car aujourd'hui, pour moi, il est impossible de vivre uniquement des reportages sous-marins. Par contre, si je trouve un travail sous-marin permanent, je me lance illico sans hésiter.
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