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Selon une recherche réalisée par 17 scientifiques, publiée dans le numéro du 14 décembre 2007 de la revue Science, une concentration de CO2 de 450 parts par million (ppm) dans l’atmosphère marquerait un point de non-retour pour les récifs de coraux. Les niveaux actuels de CO2 sont d’environ 380 ppm. « Le temps presse », déclare Marea E. Hatziolos, spécialiste senior en espaces marins et côtiers pour la Banque mondiale et co-auteur de la revue Science. « Si nous ne prenons pas maintenant les mesures qui s’imposent pour radicalement réduire les émissions de CO2 afin que les niveaux de CO2 dans l’atmosphère se stabilisent à 450 ppm, les récifs de coraux, tels que nous les connaissons aujourd’hui, disparaîtront d’ici 2050. Nous devons impérativement reprendre le contrôle de la situation dans les 10 prochaines années pour empêcher la disparition massive des récifs de coraux. »
Une valeur inestimable pour la santé des océans
Tandis que certains estiment le coût de la disparition des récifs à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an, nombreux sont ceux qui considèrent que l’écosystème revêt une importance capitale pour la santé des océans, qui va bien au-delà de toute considération monétaire. Les récifs de coraux des océans tropicaux abritent une myriade d’espèces de poissons ainsi qu’une faune et une flore variées, tous essentiels à la productivité du récif et aux avantages qu’il apporte. Dans les régions côtières des pays en voie de développement, environ 100 millions de personnes dépendent directement des récifs de coraux qui leur fournissent nourriture et moyens de subsistance, par le biais de la pêche et du tourisme.
Les récifs protègent également les régions côtières contre les tempêtes. Selon Roberto Iglesias-Prieto de l’Universidad Nacional Autonoma de Mexico, l’ouragan Wilma de catégorie 5 aurait déclenché des vagues ayant battu la côte de Cancun avec une puissance équivalant celle de 25 bombes atomiques, mais les récifs coralliens en auraient modéré l’impact d’un facteur 100, soit l’équivalent du quart de la force d’une bombe atomique. Palau, une île de petite taille et un État en voie de développement du Pacifique, dépend des systèmes de récifs coralliens qui l’entourent. « Si nos côtes ne bénéficient plus de la protection des récifs de coraux, nous pourrions perdre environ 10 % de notre masse terrestre totale, où sont cultivés 80 % de nos produits agricoles », explique Noah Idechong, membre du Congrès national. « Sans oublier le revenu généré grâce au tourisme et à la plongée sous-marine, dont notre économie dépend. Comme vous pouvez le constater, les conséquences potentielles de ce désastre écologique seraient terribles pour les habitants de Palau. »
La Banque mondiale, en partenariat avec le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et d’autres organisations, soutient la préservation et l’exploitation viable des récifs coralliens depuis plus de 10 ans. Aujourd’hui, la Banque, le FEM, l’université de Queensland et l’US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) apportent leur soutien aux équipes internationales de scientifiques spécialisés dans les récifs de coraux et travaillant dans des centres de recherche renommés au Mexique, aux Philippines, en Tanzanie et en Australie. Leurs recherches de pointe viennent étayer les résultats décrits dans l’article de la revue Science et présentent les décisions politiques et administratives, qui ont un impact sur les récifs de coraux. « Nous savons qu’en plus de réduire les émissions de CO2, il est crucial de soutenir les communautés locales et les gouvernements qui s’efforcent de mieux prendre en charge leurs récifs coralliens », ajoute Mme Georgieva. Source: WorldBank
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