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Dernière victime en date, un jeune body-boarder australien de 16 ans, dont le corps inanimé a été retrouvé flottant dans l’eau par une équipe de secouristes, parvenue trop tard sur les lieux.
Le jeune homme qui présentait de profondes lacérations à une jambe a succombé à une perte de sang massive. L’espèce n’a pu être identifiée. Encore une fois, n’en doutons pas, le grand requin blanc sera montré du doigt.
Les Australiens accusent le coup, eux qui ne comptaient que onze attaques fatales en cinquante ans. Or, sur les côtes australiennes, il s’est produit en 2007 douze charges de requin contre sept l’année précédente. Et 2008 pourrait amplifier la sinistre tendance avec quatre attaques déjà recensées, dont cette dernière... malheureusement fatale.
Un chiffre étonnant, dans la mesure où, par exemple, jusqu’en 2005, leur fréquence tendait à baisser significativement, suivant peut-être en cela la courbe de raréfaction de l’espèce.
Très récemment, une surf-skieuse échappait de justesse à l’emprise mortelle d’un grand requin blanc en lui assénant de grands coups de pagaie. Un miracle qu’elle s’en soit trouvée une à portée de main et qu’elle ait eu la présence d’esprit de s’en servir pour éloigner le prédateur.
Les spécialistes s’alertent de ce regain de frénésie meurtrière, dans la mesure où l’attaque de requin reste un événement rare, bien que notre imaginaire nous laisserait échafauder le contraire.
Aux yeux de ses plus ardents défenseurs, le coupable serait un autre prédateur dans son genre : le touriste.
Premières victimes des requins : les surfeurs, les wind-surfeurs et les body-boardeurs. Les plongeurs sont très rarement touchés par les attaques de requins pour la raison principale que le requin attaque surtout en surface, intrigué généralement par la planche de surf ou de body board, qu'il peut confondre avec une proie habituelle (otarie notamment).
Le plongeur court des risques s'il pratique le shark feeding (nourrissage des requins), l'excitation des requins est attribuée à la diffusion des particules de nourriture dans l'eau, le requin ne sachant plus distinguer sa proie. Idem lors du retour en surface (et surtout après du shark feeding...), les jambes pendantes du plongeur peuvent attirer les convoitise de certains requins curieux, notamment les requins pélagiques (Requin océanique, requin longimatus...).
En voulant profiter d’un milieu qui n’est pas le leur, les surfeurs inconscients s’exposent aux attaques d’une espèce vivante, tout aussi imprévisible que dangereuse.
Pourtant, l’attaque de requin est un événement évitable aux dires des spécialistes, sous réserve d’observer quelques règles de bon sens.
Dans cette affaire, il s’avère que trois de ces règles, et non des moindres, n’auraient pas été respectées. Le jeune surfeur évoluait en effet seul, en eau sombre et turbide, et à proximité d’une rivière. Trois facteurs susceptibles d’accroître sensiblement les risques.
Et, bien que les enquêtes aient largement démontré que le squale est susceptible de confondre ses victimes avec ses proies naturelles, il est facile d’imaginer qu’un autre prédateur ne va pas manquer d’exploiter la situation à son profit : le pêcheur de squales.
En effet, chaque année, c’est environ 100 millions de requins qui sont tués à travers le monde. La technique, dénoncée depuis peu du finning, qui consiste à couper les ailerons sur un requin encore vivant, est encore vivace dans certaines zones de pêche. Le mammifère, rejeté ensuite à la mer, agonise dans d’atroces souffrances, pour finir par s’échouer au fond et pourrir lentement...
Cet accident de Ballinga Beach est une bien mauvaise publicité pour les associations de protection du requin, une espèce sérieusement menacée par la surpêche et l’exploitation éhontée du commerce des ailerons, un mets que l’on sait fort prisé sur le continent asiatique.
Il est à craindre en effet que ce genre de drame vienne provisoirement relancer les captures, en déculpabilisant un peu plus un pêcheur qui sait désormais ce qu’il doit au tourisme sportif, tout autant qu’au requin.
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