 La Nouvelle-Calédonie, qui s’était mobilisée pour que son récif corallien, le deuxième du monde, soit inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, est fière de ce label prestigieux et espère en tirer des dividendes. C’est au Québec que le comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a décidé lundi, lors de sa réunion annuelle, d’inscrire six sites de la couronne récifale de Nouvelle-Calédonie...
Un joyau naturel Deuxième plus grand au monde après celui de l’Australie, ce récif s’étend sur plus de 23.000 km2 dont 15.000 sont désormais reconnus par l’Unesco. Joyau naturel, le récif et ses lagons turquoise abritent une faune et une flore exceptionnelles. Seuls 20% en sont connus, selon les scientifiques. "Cette inscription fait honneur à la Nouvelle-Calédonie. Elle exige de nous des efforts pour continuer à protéger notre environnement", a estimé le FLNKS (parti indépendantiste).
La décision de l’Unesco est l’aboutissement d’une bataille initiée il y a une dizaine d’années par des associations écologiques, sans, à l’époque, consensus politique sur le sujet. L’arrivée d’une nouvelle majorité après les provinciales de 2004 a permis de remettre l’idée sur les rails. Et en janvier 2005, le président Jacques Chirac lui exprimait son soutien, lors de la conférence internationale sur la biodiversité de l’Unesco.
30 000 signatures sur l’archipel Depuis quatre ans, les autorités calédoniennes sont mobilisées pour préparer le dossier et mettre en place les comités de gestion, qui auront la charge de maintenir "l’intégrité du bien". Il y a quelques semaines, elles avaient lancé un livre bleu en faveur de l’inscription, qui a réuni 30.000 signatures dans cet archipel de 250.000 habitants.
Alors que le tourisme peine à décoller, les professionnels espèrent que ce label amènera des visiteurs supplémentaires, notamment amateurs de plongée. "C’est toute une image qui va se dégager de la Nouvelle-Calédonie" et "qui devrait attirer plus de monde", selon Bernard Andréani, gérant d’un club de plongée.
La menace de la pollution liée a l’exploitation du nickel Même si les écosystèmes coralliens calédoniens figurent parmi les mieux préservés au monde, ils cohabitent avec une industrie minière polluante et peu encadrée. Le Caillou abrite un quart des ressources mondiales de nickel. Deux usines métallurgiques de taille mondiale y sont en construction. "Cette inscription ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Notre réglementation minière est insuffisante et obsolète et le protocole de Kyoto ne s’y applique pas", a averti Nidoish Naisseline, élu kanak des îles Loyauté.Selon lui, l’inscription doit être accompagnée "d’une politique globale de conservation de la biodiversité".
Goro Nickel, filiale du géant brésilien Valé, qui construit une usine dont les effluents seront évacués dans le lagon près d’une zone inscrite au patrimoine mondial, s’est félicitée de cette annonce. Depuis plusieurs mois, l’industriel affirme que son projet est compatible avec le label, sans convaincre les opposants au projet dont les actions ont conduit en février à la suspension de la pose du tuyau destiné aux rejets en mer. La Société Le Nickel, qui avec d’autres mineurs, avaient exprimé des inquiétudes sur les répercussions de l’inscription à l’Unesco, s’en est réjouie mardi, affirmant "son engagement dans une démarche de développement durable". Source: AFP
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