La plongée de loisir en France doit également se professionnaliser. On a connu, pendant trop longtemps des pseudo-associations sur la côte qui avaient une véritable activité commerciale avec des plongées proposées aux alentours de 60 FF (9,15 euros) à l’époque ... Pourquoi, on accepte facilement de payer le prix d’un séjour aux sports d’hiver et plus difficilement celui d’une formation ou d’un séjour
en plongée ? L’effet pervers de l’ancien système pseudo-associatif para-commercial, c’est qu’il faut aujourd’hui que le plongeur accepte de payer le prix réel quand il plonge dans une structure professionnelle. En effet, dans le cadre d’une société commerciale, les charges sont beaucoup plus élevées. Je considère au regard du niveau de qualification (BEES en plongée subaquatique), des responsabilités, de la précarité (pour les activités saisonnières en métropole) et de la dureté du travail que le moniteur de plongée est sous-payé dans une majorité des emplois proposés. Il ne faut pas confondre la plongée d’un point de vue client et celle pratiquée par le moniteur ou guide de plongée, même si l’on est dans un cadre aux allures paradisiaques. Bon nombre de plongeurs étrangers sont également déroutés par la réglementation française en plongée, complexe.
Un trop grand nombre de conflits d'intérêts et de personnes a gangrené la plongée en France ces dernières années et nuit encore dans certains cas à son évolution. De même que parfois un certain “mélange des genres”.
La Cour des comptes de la République française
(1) pointe un certain nombre de dérives dans le cadre des fédérations sportives dans son rapport 2003
(2) sur le sport.
Le Service Central de Prévention de la Corruption (SCPC)
(3) est un service interministériel placé auprès du garde des Sceaux, ministre de la Justice français. Dans son rapport 2003
(4), plus particulièrement dans son chapitre III sur le sport et les associations (page 70 et suivantes, 83 et 84), le SCPC précise au sujet des risques de corruption: “...Les associations qui interviennent dans le
secteur du sport présentent la même typologie de risques que celles qui interviennent dans d'autres secteurs d'activités...”
Sans faire d’amalgame, il me semble important de mettre en place certains “gardes fous” qui n’existent pas aujourd’hui afin de clarifier les relations entre fédération et partenaires (fabricants, assureurs, éditeurs, sociétés de services....) et d’éviter de possibles “dérapages”. Dans le domaine commercial, rien n’est gratuit.
Modifier l’image de la plongée en France, demandera du temps et des efforts de communication.
Pour finir, les enquêtes diffusées par l’AFIT
(5) et le MJSVA
(6) pointent d’autres freins au développement de la plongée en France qu’il serait trop long de développer dans cet article.
Le fort taux de renouvellement annuel des pratiquants est symptomatique de l’inadéquation de certains aspects de l’offre en plongée en France par rapport à certains types de publics et de l’éclatement des loisirs de plein air.