À mon avis, c'est plus le moniteur qui fait la qualité de l'enseignement que la méthode elle-même. Un "outil pédagogique" pourtant excellent, s'il est mal utilisé par le moniteur donnera rarement un bon résultat.
Ce qui fait la qualité d'une formation, comme pour tous les services en général, c'est sa personnalisation. La capacité du moniteur à s'adapter à la spécificité de son ou ses stagiaires. Chaque être est unique et mérite un enseignement adapté en fonction de son vécu par rapport à l'eau, son âge, son éventuel handicap, son projet par rapport à l'activité, ses attentes, son emploi du temps…
D'autre part, une certaine forme de standardisation des approches pédagogiques me semble dangereuse. Je ne parle pas du référentiel commun (niveaux en plongée) mais des méthodes pédagogiques. Ces dernières souvent véhiculées par les ouvrages en plongée se réduisent comme une peau de chagrin depuis quelque temps. Certains ouvrages de mes collègues auteurs en plongée dans le domaine de la formation ont malheureusement disparu. On encourage parfois une "pensée
unique" de la plongée avec des systèmes comme celui des "ouvrages de référence" de la FFESSM
(14). À mon humble avis, la diversité fait la richesse en pédagogie comme en pratique, contrairement à un certain "formatage".
Confronté à cette situation relativement récente, j'ai été à l'initiative avec 17 autres auteurs en plongée d'une action de communication: “Action des 18 auteurs en plongée”
(15). Nous avons envoyé un courrier commun au Comité Directeur National et au président de la FFESSM afin de les sensibiliser au problème. La question a été soulevée un dimanche d'assemblée générale nationale, sans débat contradictoire, quand une majorité de congressistes était déjà partie.