Croisière plongée en thailande phuket et khaolakCroisière plongée Phuket et Khaolak

Le plaisir est souvent déclenché par l’un ou plusieurs de nos sens. A l’avant de Bunmee 3, je fixe l’horizon qui avance constamment devant moi en m’éloignant peu à peu de la côte. Je reste attentif aux formes des vagues, à la perspective des lignes que forment les quelques nuages, aux couleurs vives que le soleil m’offre, aux sons des flots qui caressent la coque du bateau, au parfum du sel sur ma peau... Dive now !
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Delphine Thibault ou Miss méduse

étude des médusesLe reporter photographe Henri Eskenazi a interviewé Delphine Thibault, biologiste sous-marine qui s'est tout particulièrement spécialisée dans l'étude des méduses depuis de nombreuses années. Les méduses attirent et repoussent en même temps, mais souvent par méconnaissance. De formes, de couleurs et de tailles variées, les méduses ne laissent pas indifférent les plongeurs au cours de leurs incursions subaquatiques. Voici quelques questions sur l'univers des méduses et les réponses de la spécialiste Delphine Thibault...

Henri Eskenazi :

Quelle formation as-tu ?

Delphine Thibault :

Après une licence de Biologie des populations, puis une maitrise d’Océanographie biologique à l’Université de Bretagne Occidentale (Brest), j’ai suivi un DEA (Bac +5) en océanographie biologique, au Centre d’Océanologie de Marseille. J’avais une préférence pour les mathématiques et la physique mais après un stage au Sénégal sur l’étude des structures physiques dans le golfe de Guinée, j’ai finalement découvert le monde du plancton marin durant ma thèse (1994). A l’époque comme beaucoup de collègues, notre centre d’intérêt était surtout sur les petits crustacés planctoniques dont le rôle dans le cycle du carbone semblait central. Les organismes gélatineux étaient trop souvent pas ou peu étudié lors des projets nationaux ou internationaux. Après un passage par le Canada et l’étude du plancton arctique, des recherches dans le Pacifique Nord m’ont amenées à regarder différemment le plancton gélatineux. Afin de mieux connaitre ces organismes, j’ai été invitée à les étudier en Afrique du Sud. Puis à Hawaï ou j’ai étudié les espèces des iles hawaïennes et du Pacifique Nord Est. En 2004, j’ai réintégré 10 ans après en être partie, l’Université Aix-Marseille et le centre d’Océanographie de Marseille où je suis actuellement maître de conférences. Mes activités sont axées vers une meilleure connaissance et une compréhension accrue du rôle des organismes gélatineux dans le fonctionnement des écosystèmes marins : classification, description d’espèces, suivi d’espèces invasives, distributions spatio-temporelles des différentes groupes taxonomiques, études du métabolisme et de la reproduction des méduses et des cténaires, relations hommes/gélatineux. Mes terrains de jeux sont aussi bien en Méditerranée (golfe du Lion, étang de Berre), que dans des régions tropicales (caraïbes françaises, canal du Mozambique) ou arctiques. Les problématiques liées à ces organismes étant mondiales, la liste s’agrandit régulièrement.
 

delphine thibault étude des méduses


Henri Eskenazi :

Pourquoi les méduses ?

Delphine Thibault :

En fait sous le terme de méduses, sont souvent regroupés un grand nombre d’organismes morphologiquement distincts et jouant des rôles très différents dans le fonctionnement des écosystèmes marins. Je préfère utiliser le terme de plancton gélatineux. Tous ces organismes ont en commun d’être au moins composé à 90 % d’eau, d’avoir des capacités d’ingestion, de croissance et de reproduction parmi les plus fortes dans le règne animal. Ils font partie du plancton, ils ont donc une mobilité réduite et sont transportés par les courants marins. Deux grands groupes d’organismes peuvent être identifiés : les prédateurs carnivores et les filtreurs. Les prédateurs regroupent les méduses (hydrozoaires, scyphozoaires et cubozoaires) et les cténaires, alors que les filtreurs gélatineux sont tous des tuniciers pélagiques holoplanctoniques (salpes, dolioles, pyrosomes et appendiculaires). Les méduses regroupent actuellement plus de 3000 espèces, presque toutes marines, mais une vingtaine d’espèces sont retrouvées dans des lacs d’eau douce. La taille des méduses varie de quelques dixièmes de millimètres à plusieurs mètres de diamètre. L’animal marin le plus grand serait en réalité un siphonophore Praya dubia (cnidaire, hydrozoaire) et mesurerait 40m de long. Les méduses présentent généralement un cycle de vie complexe méroplanctonique , alternant des formes adultes sexuées et des formes fixées (polypes) se reproduisant asexuellement. Certaines abritent, comme leurs cousins les coraux, des symbiontes dans leurs tissus et doivent se maintenir proche de la surface pendant la journée pour leur permettre de réaliser la photosynthèse, d’autres suivent un cycle nycthéméral migrant au contraire jusqu’à plusieurs centaines de mètres le jour pour remonter en surface la nuit (Pelagia noctiluca passe la journée à 300-400m de fond et remonte à la surface la nuit). Environ 150 espèces de cténaires ont été actuellement identifiées, tous exclusivement marins, hermaphrodites et caractérisés par 8 rangées de cils locomoteurs. Ce sont les plus grands organismes marins à utiliser des cils pour leur déplacement. Les gélatineux prédateurs possèdent tous des cellules spécialisées dans la capture et l’immobilisation des proies, ce qui leur permet de pallier à la lenteur de leur déplacement. Les méduses possèdent toutes des cellules urticantes appelées nématocystes, dont la forme de l’appareil perforant et la composition du poison injecté est extrêmement variable en fonction des espèces mais aussi du stade de développement ou de l’endroit de l’animal sur lequel sont localisées ces cellules. Les cténaires possèdent quant à eux des colloblastes, des cellules collantes équivalentes au « papier tue mouche », totalement inoffensives. Ces gélatineux carnivores vont se nourrir de proies telles que des petits crustacés, des larves mer planctoniques , des œufs et larves de poissons mais aussi de phytoplancton.

Les cténaires ont été récemment identifiés comme les organismes pluricellulaires les plus anciens (environ 650 millions d’années), plus anciens que les éponges. Les cnidaires sont finalement plus proches des êtres humains que les cténaires.

Les tuniciers sont en fait des ancêtres proches des vertébrés, les salpes (une cinquantaine d’espèces pouvant mesurer jusqu’à 30 cm) et les dolioles (environ 30 espèces et 1 cm) ressemblent à des tonneaux transparents qui filtrent l’eau et se déplacent en contractant des bandes musculaires. Ils alternent les phases solitaires et coloniales (colonies de plusieurs dizaines d’individus). Les pyrosomes (1 cm à plusieurs mètres de long) sont des colonies. Les appendiculaires sont différents car ressemblant à des « têtards » abrités dans une logette constituée de plusieurs chambres et de systèmes de filtrations extrêmement complexes. Ces tuniciers filtrent de très grands volumes d’eau et s’alimentent sur des particules de très petites tailles voir même sur des bactéries. Ces organismes filtreurs ont aussi la capacité de fabriquer de larges pelotes fécales, transformant ainsi des microparticules (<1µm) en « gros » paquets (quelques millimètres) sédimentant vers le fond des océans ~1500m par jour.
 

méduse


Henri Eskenazi :

Ces organismes gélatineux sont-ils en fait utiles ?

Delphine Thibault :

Les gélatineux servent comme nourriture à un grand nombre d’animaux marins et terrestres, tortues, dorades coryphènes, saumons, bogues, poissons lune qui sont parmi les mieux connus, mais on trouve aussi des crabes, des oiseaux. Ils se mangent aussi les uns les autres. Et depuis plus de 1600 ans, les méduses sont consommées dans la cuisine asiatique sous différentes formes (pâtes, cookies, chips ou déshydratées) et elles vont peut-être devenir un met commun dans la cuisine française d’ici peu. Plusieurs composés trouvés en abondance dans certaines méduses ont aussi déjà démontré de fortes potentialités dans le milieu médical et pharmaceutique. La présence de collagène dans la cloche de méduse est exploitée en cosmétologie. La qnuimucine extraite de la « méduse commune » est une solution dans le traitement de certains problèmes articulaires (arthrose dégénérative). Le gène modifié de l’æquorine extraite de la « méduse crystal » (Aequorea sp.) est utilisé pour comprendre et suivre nombre de processus biologiques (prix Nobel de chimie 2008). Les toxines fabriquées par les espèces de méduses les plus patentes sont testées contre certains cancers et plusieurs maladies neurologiques. Et la liste est certainement beaucoup plus longue.

Henri Eskenazi :

Tes découvertes ? Tes projets ?

Delphine Thibault :

En 2005, une étudiante réalisant des prélèvements dans l’étang de Berre, m’a ramené plusieurs organismes transparents qui recouvraient la surface de l’eau. Après confirmation de mon collègue, Ahmed Kideys (Turquie), nous venions de faire la première observation du cténaire Mnemiopsis leidyi dans les eaux françaises. Cette espèce est depuis installée dans l’étang. Elle a été désignée comme l’une des 100 pires espèces invasives, introduites en Mer Noire dans les années 1980 depuis le golfe du Mexique. Les efforts de réhabilitation de l’étang de Berre mise en place depuis le début des années 2000 par EDF, avec la régulation des rejets d’eau douce et de limon, sont perturbés par la présence de cette espèce.

Je suis aussi impliquée au travers de projets de surveillance le long des côtes de la région PACA et dans le golfe du Lion avec l’arrivée d’espèces allochtones lessepsiennes , atlantiques ou d’ailleurs dans le monde et possiblement invasives. L’élargissement prévu prochainement du canal de Suez risque d’accroitre le risque d’invasions d’espèces (Rhopilema nomadica, Cassiopea andromeda).

L’un de mes projets avec deux collègues, Dror Angel (Université d’Haïfa, Israël) et Andrew Sweetman (Norvège) est de mettre en place un consortium international d’experts, ce qui ne représente seulement qu’environ 150 chercheurs, de façon à améliorer nos connaissances sur ces organismes et de répondre aux attentes des citoyens concernant leurs pullulations, l’impact sur les écosystèmes, les activités humaines et le rôle du changement global.


Henri ESKENAZI
Phone : + 33 (0)6 83 87 76 13
Skype : henrieskenazi
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www.henrieskenazi.com-fr-net-org

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