Après quelques heures de sommeil nous appareillons pour TOBIA ARBA. Ce premier site de plonger permet à toutes les palanquées de se réadapter, de retrouver des habitudes et d’appliquer les dernières consignes de sécurité obligatoire en Égypte. Il n'y a pas longtemps deux palanquées dérivaient longuement dans la mer rouge, pour les retrouver de gros moyens de secours ont été engagés. Le gouvernement impose maintenant aux plongeurs partant en croisière sud de ce munir d'un parachute de signalisation et d'un miroir. TOBIA ARBA est situé au nord de SAFAGA, se nom veut tout simplement dire « regroupé par 4 ». Sur ce site, plusieurs petits pitons émergent d'un fond sablonneux jusqu'à la surface. Je connais bien cette plongée, avec Catherine nous rejoignons un petit surplomb positionné à la base d'un de ces pics coralliens richement ornés d'alcyonaires. Mon binôme s'approche de cette petite cavité pour admirer un mérou gueule rouge caché au milieu d'un banc de poissons hachés. Attirés par la lumière du phare quelques rascasses volantes s’approchent de la source lumineuse, il faut doucement les repousser pour ne pas subir les effets d’une mauvaise piqûre. Des diodons et mérous de toutes sortes vont et viennent entre le 7 pitons qui composent ce site. Dans cet aquarium le temps s’écoule rapidement, avant de faire surface, Fred notre guide nous a imposé de déployer le parachute de surface. Une fois l’exercice correctement réalisé dans de bonnes conditions, nous terminons paisiblement notre palier de sécurité.
Pour rejoindre la prochaine exploration, nous naviguons toute la nuit. Au petit jour les deux moteurs du GAHNI baissent de régime, nous venons de mouiller sur le versant ouest de BIG BROTHER. Le phare haut de ses 61 m domine majestueusement ce morceau de terre égyptienne, construit par les anglais en 1883 il semble encore neuf. Il possède une vue privilégiée sur sa petite soeur SMALL BROTHERS située plus au sud. Ces deux îles positionnées au nord est de la ville de QUSEIR doivent être méritées. La qualité exceptionnelle des plongées organisées sur ce secteur peut engendrer des conditions d’exploration très difficiles. Je vous rappelle que la semaine avant notre venue dans cette zone une palanquée a dérivé pendant douze heures avant d’être repérée par des moyens de secours aériens. Ici plus qu'ailleurs les consignes de sécurité doivent être impérativement respectées.
Aujourd'hui la plateau nord offre des conditions de plongée délicates, dans une houle formée nous basculons dans le bleu, 25 mètres plus bas nous apercevons l'épave du NUMIDIA, à cet instant Poséidon ne nous accueille pas à bras ouvert, lentement mais sûrement il nous éloigne de la carcasse de ferraille. Je respecte les consignes de Fred, la plongée est malheureusement terminée, nous commençons la remonté. A la surface le paysage à changé, dans une mer très formée je constate que nous dérivons au nord est de l'île. Nos parachutes sont les seuls moyens que nous avons pour signaler notre présence. Pendant 50 minutes, de vagues en vagues, avec Eole qui nous aide un peu, nous réussissons à rejoindre les bateaux mouillés au sud est de l'île. Bref nous venons de faire le tour de l'île. Cette mésaventure ne nous arrête pas pour autant. Nous prenons le temps de récupérer et trois heures plus tard nous nous immergeons de nouveau au dessus de l'épave. Le courant est toujours aussi fort, nous descendons plus rapidement nous mettre à l’abri du courant. Enfin nous nous stabilisons sur les vestiges de ce cargo anglais qui a coulé en 1901. Positionné perpendiculairement au récif la coque s'étend entre 8 et 60 mètres. Nous choisissons de rester dans l'espace médian là ou la lumière naturelle nous permet d'apprécier les bastingages généreusement enveloppés par des alcyonaires multicolores.
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