
Ce matin là, après la préparation d'une intervention sur un émissaire (pipe de rejet) nous nous trouvons à 2 kilomètres au large de la baie de Cavalaire.
Cette intervention, la première en France consiste à baliser, tronçonner, découper, curer ce tuyau et faire une inspection télévisée du pipe. En présence de la D.D.E. Maritime je me prépare à effectuer la première descente sur ce chantier. Sur la barge tout le matériel nécessaire à cette opération est minutieusement installé...
Pour respecter la législation du travail sous-marin je suis assisté de trois scaphandriers et de deux employés de la société AZOTE. J'enfile mon vêtement étanche, je vérifie plus particulièrement les manchons et la collerette. Pendant ce temps Patrick, mon assistant, prépare mon casque "SUPER LITE" contrôle la liaison radio et s'assure que le clapet anti-retour de sécurité de ma bouteille de secours fonctionne correctement.
Ava
nt ma descente dans les abysses Olivier procède au contrôle et à la mise en œuvre du tableau de commande de gestion d'alimention de gaz. Lentement je m'immerge, tous les 10 mètres l'équipe de surface m'annonce ma profondeur et modifie les réglages de mon deuxième étage pour le mettre à l'équivalent de la pression
relative du moment. Le long de la main courante je régule mon immersion en fonction des informations qui me sont données. Je vérifie que mon narguilé ne s'accroche pas ou ne reste pas coincé. Posé à 42 mètres je me déplace lentement en direction du pipe qui se trouve à portée de main.
Pour mo
i le monde sous-marin n'est pas le monde du silence. En permanence je communique avec la surface. Je reçois ou je donne des ordres. De cette manière je me fais envoyer mes outils de travail. C'est ainsi que je dois récupérer la lance thermique qui me sert à découper le métal du pipe. Si je ne veux pas être secoué par l'électricité je vérifie que mes gants en caoutchouc sont bien fixés sur mes mains. Je commande la mise en route du groupe électrogène. Avec précaution je me saisis de la lance, comme si je voulais souder de la ferraille j'amorce la baguette électrique alimentée en oxygène. Celle-ci dégage maintenant 8000° de chaleur. Centimètres par centimètres l'acier ne me résiste pas longtemps.
Après quelques minutes la découpe est réalisée. Je peux comm
encer le curage du pipe. La caméra est descendue avec son cordon ombilical. Fixée sur un support équipé de roues je la présente à l'intérieur du tube. Mon seul rôle consiste maintenant à guider son câble d'alimentation pour éviter ainsi qu'il ne reste coincé et perdre ainsi la petite voiture télécommandée de 75 000 euros. Au fond je ne vois pas le temps passer, je ne m'occupe pas de ma plongée. Je ne suis qu'
un exécutant qui réagit, travail, en fonction des ordres que je reçois. Pour ma part ma tâche est terminée, je vais être remplacé par un autre plongeur. Je reçois l'ordre de commencer ma remontée. Olivier me demande de ralentir, il m'informe que mon premier palier de décompression commencera à 12 mètres. A 6 mètres je respirerai l'oxygène pur. Pour 45 minutes de travail à 42 mètres, mon temps de décompression est de 52 minutes et 30 secondes. Enfin je reçois l'ordre définitif de rejoindre la barge.
Avant que la C.O.M.E.X. n'existe mon père travaillait déjà dans les travaux sous-marin
s. Tout petit je suis né dans le milieu de la plongée professionnelle. Je suivais mon père sur ses chantiers. J'avais trop envie de partager ses plaisirs. Mon Jeans et mon tee-shirt faisaient à cette époque office de combinaison. Je m'accrochais sur la poignée de son bloc. Alternativement il me donnait la source de vie. C'est en jouant ainsi le rôle de la sangsue que je décidais alors de devenir plongeur professionnel.
Quelques années plus tard je me retrouve sur les bancs de l'école à l'I.N.P.P. (institut national de plongée professionnelle).
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